lundi 2 janvier 2017
mercredi 7 décembre 2016
Les manchots et moi...
Une petite explication de ce que je fais sur ma petite île perdue au milieu de nulle part avec mes amis les manchots...
Pendant la saison des amours, la femelle et le mâle manchot royal paradent pendant quelques jours après avoir
effectué leur mue annuelle.
L'accouplement a lieu après la parade et se répète pendant plusieurs jours.
Une fois que l'œuf est pondu par la femelle, la femelle
garde l'œuf sous sa poche incubatrice (zone sous le ventre qui est sans plume
et que possèdent tous les oiseaux) pendant environ 1 jour.
Puis elle le donne au mâle resté à côté d'elle, pour
partir en mer pour manger, car mine de rien ça creuse de pondre un œuf ! Bon le
seul truc c'est qu'elle doit parcourir environ 300 km pour trouver la zone où
manger ! Donc elle part pour un voyage d'environ 15 jours, le temps de faire
l'aller-retour et d'avoir le temps de manger pas mal de poiscailles pour se
faire de la graisse comme tout un chacun.
Donc si vous avez bien suivi : le mâle est tout seul avec
l'œuf pendant 15 jours ! Bon il n’a pas grand-chose à faire vu qu'il a l'œuf
sur les pattes et protéger par sa poche incubatrice (oui, le mâle en a une
aussi !). Donc il attend ! C'est long 15 jours sans manger, en dormant mais en ayant
un œil sur ses congénères environnants pour ne pas se faire prendre son
territoire de 1 mètre carré. Donc les échanges de coups de bec et les coups
d'ailerons (oui on appelle ça des ailerons et non des ailes, vu que ça ne lui
sert pas trop à voler !) sont le quotidien de notre ami manchot royal !
Sur cette photo, on voit très bien le territoire de chaque manchot au sein de
la colonie, ils sont quasiment rangés !
15 jours passent... et voici la femelle qui revient, obèse, mais c'est pour
la bonne cause vu qu'il va falloir prendre son tour sur l'œuf. Et oui Monsieur
Manchot commence lui aussi a bien avoir la dalle !
Donc de nouveau un échange d'œuf pour que le mâle puisse aller manger ! Et la
femelle prend son tour de garde !
Tout ce petit manège continue jusqu'à l'éclosion, l'émancipation et la mue du
poussin qui, quand il aura acquis un plumage comme papa et maman, pourra aussi
nager et aller se nourrir tout seul comme un grand garçon, euh... manchot !
Comme chacun sait le duvet du poussin lui sert à lui tenir chaud mais n'est pas
imperméable donc il ne peut pas aller dans l'eau sinon il pourrait mourir de
froid et par la même occasion couler car le plumage confère au manchot de la flottabilité
qui lui permet d'être… comme un poisson dans l'eau !
Donc petit poussin grandit environ 13 mois avec papa et maman ! Plutôt long
comme durée d'élevage, surtout chez des oiseaux ! Mais c'est un peu la même
chose pour tous les oiseaux marins, surtout dans ces environnements !
Et c'est là que j'interviens !
Je marque un couple de manchots (donc à la fois le mâle et la femelle) au
moment où la femelle a l'œuf et que le mâle attend de récupérer son
"précieux". J'utilise de la peinture qui résiste à tous les temps,
mais qui néanmoins s'efface à long terme. On fait des symboles sur le poitrail
du manchot (plumes blanches), et là c'est l'inspiration du moment qui se met en
route ! Des fois c'est des lettres, des fois des formes. Bon il faut bien
comprendre que le manchot n'aime pas trop être approché par un gros primate en
ciré jaune et donc il ne reste pas immobile à mon approche. Donc les formes se
voient déformées ! Mais bon ce n’est pas grave ! Du moment qu'il a de la
couleur pour le repérer parmi les autres manchots !
J'attends une journée, donc l'échange de l'œuf s'est fait et le mâle reste tout
seul avec. Je mets une bague sur le mâle avec un numéro et une couleur : mes
bagues sont bleues cette année comme on peut voir sur la photo !
Mais pourquoi je mets une bague ??? Car la peinture
s'enlève au fur et à mesure ! Donc comme ça je le repère facilement.
Mais pourquoi me direz-vous ne pas mettre des bagues
tout de suite au mâle et à la femelle ? Très bonne question ! Le fait de mettre
la bague nécessite de tenir le manchot quelques secondes, alors que la peinture
(en bombe) est envoyé à courte distance. Donc moins de stress, donc moins de
risque d'abandon de l'œuf et surtout moins de chance qu'un des deux individus
ne se barre en courant à la mer ! Et là du coup pour repérer le couple et l'œuf
dans la colonie quand l'un des deux n'est pas marqué.... ce n’est pas chose
aisée !
Et j'attends que la femelle revienne de son voyage en mer pour lui poser à son
tour une bague avec un numéro et commencer la mesure de la couleur des taches
auriculaires (oranges), faire une prise de sang, mesurer la fréquence cardiaque
en continue sur plusieurs jours, mesurer ses mouvements d'ailerons, prendre ses
mensurations et la filmer pendant quelques heures sur 6 jours. Tout ça bien sûr
quand elle est sur son œuf au milieu de la colonie.
J'ai marqué 43 couples (idéalement il m'en faudrait 50) à ce jour et le 29
novembre, la première femelle de tous mes couples est revenue ! Donc ça
commence vraiment ! Car là je faisais que sélectionner des couples jusqu'à
maintenant !
Voilà en un peu plus concret ce que je fais de mes journées !
mardi 6 décembre 2016
Traversée à bord du Marion Dufresne
Ça y est ! C’est le grand départ ! Nous sommes le 3 novembre 2016 et l’avion décolle de Paris vers 20h pour atterrir à la Réunion le lendemain matin.
Le 4 novembre nous voilà à la Réunion après 11h d’avion.
Nous prenons un bus pour rejoindre la ville « Le Port » dans lequel se trouve un port !!!!!!!!!!!!!!!! Etonnant ! Là-bas, nous attend le bateau nommé le Marion Dufresne. Et des bagages il y en a !!!
Première vision du Marion Dufresne !
Le Marion Dufresne est le bateau océnographique le plus grand d’Europe. Il a la particularité d’être adapté aux mers difficiles de l’océan Austral avec notamment des propulseurs latéraux qui lui permettent d’être assez stable même au milieu d’eaux agitées.
Il appartient au territoire TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) et est armé par la CMA-CGM. Il est basé à la Réunion et effectue :
- la logistique pour les îles subantarctiques françaises, Crozet, Kerguelen, Amsterdam-Saint- Paul, et les îles Eparses dans l’océan Indien
- Recherche océanographique pour l’Institut Polaire Français – Paule Emile Victor (IPEV)
Chaque rotation dure environ un mois, et il effectue la relève de personnel, la recharge en carburants, l’affrètement de vivres et de matériel sur les bases des îles subantarctiques. Il y a 4 rotations par an.
Ce navire est unique car il regroupe les fonctions de plusieurs bateaux en un seul :
- Un paquebot : transport de peronnel
- Un cargo : transport de marchandise
- Un Porte container
- Un pétrolier (pour le ravitaillement des bases sur les îles subantarctiques)
- Un héliport avec son hélicoptère
- Un navire océnographique : réalisation de carottes sédimentaires avec le record du monde de la plus longue carotte !!!
- Il contient un Hôpital
Il mesure 120 m de long, nous étions 104 passagers, 47 membres d’équipages et un commandant soit …. 152 personnes ! Parmi tous ses passagers, 12 touristes peuvent venir effectuer une rotation et visiter les îles subantarctiques pour environ 8000 euros par personne (tout compris bien sûr).
Pour info : Marc-Joseph Marion du Fresne était un explorateur français du XVIIIème siècle.
Sur le quai, quelques photos en attendant le départ !
Le Marion Dufresne quitte la Réunion pour 5 jours de traversée pour environ 2800 km de distance !! ça commence !!!!
L’hélicoptère vient de se poser juste après le départ du bateau ! A peine arrivé, il est démonté (enfin que les pales bien sûr) et rangé !
Pendant la traversée le beau de temps est au rendez-vous et la chaleur reste avec nous pendant 3 jours !
Et bien sûr des observateurs avec les jumelles !
Et un soleil couchant
L’intérieur du bateau est très confortable :
Pour tous les scientifiques qui vont descendre sur les bases des Terres Australes, une formation de secourisme est donnée par le Médecin du Marion Dufresne avec les médecins de chaque district (Crozet, Kerguelen, Amsterdam-Saint-Paul).
On suit la bonne route !
Une séance de philatélie : chaque personne sur les bases possède son tampon de mission et les collectionneurs demandent à recevoir des lettres tamponnées par les hivernants. Voici mon tampon.
A bientôt pour l’arrivée sur Crozet !
mardi 8 novembre 2016
Départ pour le pays des manchots...
Ca y est, Denis est parti rejoindre les manchots...
L'avion jusqu'à l'Ile de la Réunion puis le bateau et très certainement l'hélicoptère jusqu'à l'Ile du Crozet... Son voyage va durer
plusieurs jours donc un peu de patience, il reviendra vite sur ce blog
pour nous faire partager ses premières impressions !
A très bientôt !
Fanny ( la jumelle de l'aventurier)
lundi 17 octobre 2016
Distinction entre manchots et pingouins
Distinction entre manchots et pingouins
- Une différence géographique :
Les manchots c’est dans l’hémisphère Sud ! Les
pingouins c’est dans l’hémisphère Nord !
- · Une différence de taxons :
- ·Une différence de capacité
Un pingouin
Un manchot
Seul le pingouin peut voler !
Le manchot ne vole donc pas mais est un excellent nageur. En effet, il parcourt plusieurs centaines de kilomètres pour aller trouver sa nourriture (poissons et krill) dans les eaux froides de l’antarctique. Il est également un excellent plongeur car il peut plonger facilement à 70 m de profondeur pendant environ 10 minutes.
Le manchot ne vole donc pas mais est un excellent nageur. En effet, il parcourt plusieurs centaines de kilomètres pour aller trouver sa nourriture (poissons et krill) dans les eaux froides de l’antarctique. Il est également un excellent plongeur car il peut plonger facilement à 70 m de profondeur pendant environ 10 minutes.
- · Mais d’où vient cette confusion ?
o
Ces deux oiseaux vivent en milieu polaire !
o
En anglais, manchots et pingouins sont regroupés
en « PENGUINS », idem en espagnol « PINGUINOS »
o
Ils ont quasiment la même allure, qui nous
évoque une tenue chic pour messieurs
lundi 19 septembre 2016
INTRODUCTION
Introduction
Pour vous éviter une présentation classique et ennuyeuse de
ma personne, observons (et écoutons) une discussion entre les 1000 personnes
qu’il existe au sein de mon cerveau :
- - Un blog ??!!
- - Mais qui fait ça de nos jours ?
- - J’avoue c’est démodé !
- - Moi j’aime pas les blogs.
- - Moi je trouve ça pas trop mal vu le
contexte !
- - Oui c’est vrai qu’on va partir quand même 14
mois et les moyens de communications sont limités !
- - Ah oui je me rappelle que le gars de l’info
parlait de 110 kBit de bande passante pour l’ensemble de la base !
- - C’est quoi une bande passante ?
- - Oui alors pour ceux qui écoutent notre
conversation, nous, c’est-à-dire les 1000 « moi » qui me ou nous
composent, on va vous résumer un peu la situation car cette conversation n’a ni
queue ni tête.
- - Ca y est il fait son intéressant !
- - Oh ta gueule !
- - On se calme les enfants s’il vous plaît !
- - Hum Hum ! Donc nous nous appelons Denis
Michaux et nous sommes nés un 3 mai 1988 au côté de Fanny (donc jumelle si vous
suivez bien !), et nous avons grandi à …
- - Eh ! abrège un peu tu vas les perdre !
- - Euh… oui d’accord…
- - Bon je te remplace tu me saoule : Denis
Michaux. 3 mai 1988. Orléans. Vétérinaire. Ile subantarctique. Manchot.
Chocapics.
- - Oula t’es pas complètement fini toi !
- - Mais sinon on peut faire ça simplement :
voilà je suis Denis j’ai 28 ans et je suis vétérinaire diplômé en 2013 à
Nantes. J’ai acquis une formation d’Urgentiste pour chiens et chats et
maintenant je me réoriente vers les animaux sauvages. J’aime les papillons et
les écureuils, le…
- - AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !!! Mais c’est
pénible tout ça !
- - Autant leur donner notre CV ce sera plus
simple !
- - Mais non, on peut raconter notre histoire quand
même !
- - Je voudrais pas dire, mais ça fait ¼ d’heure que
vous essayez et ça n’a pas trop avancé !
- - S’il vous plaît les enfants un peu de cohésion
et d’ordre. Quelle image donne-t-on aux gens ?
- - SSSSSSSSSSSTTTTTTTTTTTTTTTOOOOOOOOOOOOOOOOPPPPPPPPPPPPPPPP !
Bon, j’ai essayé que ce soit moins pénible, mais c’est un
peu le bordel dans ma tête quand même !
Bref, je vais partir sur l’Île de la Possession dans l’Archipel Subantarctique de CROZET pendant 14 mois pour étudier l’adaptation physiologique et comportementale
aux contraintes nutritionnelles et environnementales chez le poussin manchot royal en croissance et chez
l’adulte en période de reproduction.
En gros, je vais faire des prises de sang,
des mesures de spectrophotométries (de quoi ??), poser des implants sur
des manchots royaux et étudier leur comportement.
Pour que les choses soient claires pour tout le monde, on va
tout de suite faire la distinction entre un manchot et un pingouin (Distinction entre manchots et pingouins)
Le départ est prévu le 3 novembre 2016 et le retour en
janvier 2018.
Donc voici un blog pour raconter mon expérience
là-bas en isolement avec une équipe de 25 personnes l’hiver et 40 personnes l’été.
Vous pouvez vous balader librement dans les différentes
sections pour avoir plus d’informations sur ce qui vous intéresse !
Vous pourrez retrouver des informations sur le site de l’Institut Polaire Français (l’IPEV = Institut Polaire Emile Victor) qui est l'organisme de moyens qui permet l’existence des missions scientifiques en Arctique, en Antarctique et en Subantarctique par ses apports financiers et logistiques.
Bonne lecture
Inscription à :
Articles (Atom)






